La restauration

La restitution l‘atmosphère de la fin du XIXe siècle, période à laquelle l‘hôtel constitué un point de référence pour les intellectuels de l‘époque, a été l‘objectif principal de la restauration.

L‘opération ne s‘est toutefois pas traduite par une reproduction calligraphique et artificielle des environnements du passé ; il a plutôt été proposé d‘évoquer, à travers un mélange éclectique d‘ameublement et de collections, les ressentis de ceux qui, à l‘époque, y séjournèrent, et qui peut-être donnèrent vie à des œuvres d‘art.

Entrer dans les environnements du Londra Palace et regarder par les fenêtres donne l‘impression d‘abandonner le présent : on peut y admirer une vue qui s‘étend de la majestueuse San Giorgio à la plus proche San Zaccaria, de l‘enchevêtrement des toits de tuiles au Bassin de Saint-Marcsouvent mis en valeur par la lumière du soleil.

Il semblait juste de concevoir des intérieurs qui permettent de communiquer avec de telles réalités ; il s‘agit là de l‘une des raisons pour lesquelles, bien que l‘œuvre complète retienne une certaine unité, une identité propre a été créée pour chaque environnement, de sorte que chaque chambre est différente des autres.

Les espaces sont caractérisés par la présence du tissu tendu qui orne les murs du rez-de-chaussée et des chambres supérieures, dont les couleurs et les motifs ont été pensés et réalisés exclusivement pour l‘Hôtel Londra Palace, conférant ainsi une unicité rare aux environnements.

Les dessins damasquins reprennent, dans certains cas, les motifs du passé tels que des tissus anciens présents dans le Musée du tissu au Palazzo Mocenigo, et constituent, dans d‘autres, la reproduction sur tissu de fresques décoratives réellement présentes dans des édifices historiques. Tel est le cas du tissu Vescovi, inspiré des murs d‘une salle de la villa du même nom sur les Monts Euganéens, où il existe une fresque du XVIe siècle réalisée pour décorer avec un faux tissu tendu une pièce qui n‘était pas considérée suffisamment importante pour mériter les étoffes sur les murs.

Tout cela dans le but de créer des environnements, d‘une part, confortables et luxueux mais, d‘autre part, riches d‘histoire et de vie.

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La moquette qui couvre les planchers des corridors est, elle aussi, unique. Chaque section possède son propre dessin et s‘inspire d‘un ancien portail en fer forgé de Venise. Le dessin est en apparence complexe, mais n‘est en réalité composé que de trois éléments (un cercle, une goutte et une double volute) qui, combinés entre eux, donnent vie à une composition inhabituelle.

Les ouvertures spacieuses et rythmiques vers le Bassin de Saint-Marc constituent la principale caractéristique des environnements situés au rez-de-chaussée : les espaces intérieurs sont doucement parcourus par la lumière et décorés de façon attrayante par des lignes architecturales extérieures, capables de plonger immédiatement les hôtes dans l‘esprit intemporel de la ville.

En 2008, le rez-de-chaussée a fait l‘objet d‘une restructuration radicale, conçue et réalisée dans les moindres détails pour rendre les espaces communs calme et accueillants, capables de plonger l‘observateur dans un festival de couleurs dominé par les reflets de l‘or, et dans lesquels les vastes baies vitrées permettent de sublimer les espaces intérieurs, en les mélangeant aux décors somptueux de Venise.

Les murs, qui présentent une finition au marmorino ivoire et vert sauge, sont suivis d‘une série de pilastres qui reflètent ceux présents sur la façade de l‘église de San Zaccaria à proximité.

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L‘analyse historique de l‘édifice et de ses espaces intérieurs, et l‘étude successive de l‘éclairagisme, a conduit au choix de restaurer l‘intégration de lustres pour mettre en évidence l‘axe visuel des salles du restaurant et pour éclairer la lounge room.

Des nouveaux lustres de cristal et d‘or dans le style Ca‘ Rezzonico ont été élaborés à Murano dans le respect des éléments préexistants.

L‘idée de transformer la lumière en volume s‘est concrétisée avec la réalisation de trous et d‘éléments en porte-à-faux carrés positionnés en rapport étroit avec le mobilier et en cherchant l‘harmonie avec le classicisme du verre vénitien.

Le matériau utilisé dans le mobilier est principalement de l‘acajou, dont le grain rouge est capable de conférer des tons plus chauds aux environnements.

L‘utilisation de matériaux traditionnels a été complétée par une stylisation géométrique et une abstraction formelle destinés à récupérer l‘essence du passé, en travaillant par soustraction.

Le thème décoratif prédominant est le carré, en feuille d‘or ou en cristal Antelio, repris des corps d‘éclairage, également de forme carrée.

Les motifs géométriques à insertions contrastées rappellent à la fois les ouvrages prestigieux de marqueterie d‘ébénisterie traditionnelle et l‘ornement du style de l‘Empire, auquel revoient, plus précisément, les détails incorporés de bronze et dorés.

Les éléments métalliques des meubles sont en laiton à « microgrenaillage », c‘est-à-dire qu‘il est traité avec une finition dérivée de l‘industrie, capable de rendre le métal agréable au toucher en raison de sa douceur inattendue.

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L‘hôte est accueilli dans le hall, qui est doté d‘une référence iconographique reconnaissable : une vue partielle de la lagune de Venise, œuvre de Jacopo De‘ Barbari, réalisée en 1500. La matrice originale de la xylographie se compose de six panneaux colossaux, en bois de poirier, conservés au Musée Correr, tandis que la reproduction proposée, après avoir été numérisée et vectorisée, a été transposée, à l‘aide une technique au laser, sur le revêtement frontal, lui aussi en poirier, du comptoir du hall.

Un mur traité avec de la feuille d‘or fait office de fond, avec une finition que l‘on retrouve dans des œuvres prestigieuses de la Venise du XVIIIe et qui fut la fierté de la confrérie artisanale des doreurs.